« Annoncer, guérir, proclamer, consoler »
«Avez-vous ressenti comme nous formons ensemble le Corps du Christ ?» La question du recteur de la cathédrale à la fin de la messe chrismale a reçu un vibrant hommage d’une assemblée qui avait bien entendu l’appel à la mission et à la paix de son évêque.
Où y avait-il le plus de monde ? Dans la nef de la cathédrale, pleine à craquer ? Sur les bancs du grand chœur diocésain, magistral, où une cinquantaine de choristes se tenaient plus proches les uns des autres que les notes de leurs portées musicales ? Ou dans le chœur illuminé, avec les évêques, les prêtres, les moines, les diacres et leurs épouses ?
Et pourtant, personne n’était à l’étroit. Au contraire, tout respirait la communion, dans le souffle d'une Parole…
L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération,
et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.
«C’était tellement beau», résumait une catéchumène de Granby, les yeux pleins d’émotion au terme de sa première messe chrismale, ce cœur battant du diocèse…
La messe chrismale, rappelons-le, est la célébration au cours de laquelle l’évêque de chaque diocèse bénit les huiles des malades et des catéchumènes, puis consacre le saint chrême. Ces huiles sont «à la fois des signes de force, mais aussi d’onction de paix et d’espérance pour nous et pour toute la famille humaine», a rappelé Mgr Christian Rodembourg.
Un appel à la mission et à la paix
«Annoncer, guérir, proclamer, consoler» : c’est par ce quatuor d’actions, tirées du livre d’Isaïe, que l’évêque a tracé notre feuille de route : «Vivre en chrétien, a-t-il dit dans son homélie, c’est porter l’huile d’allégresse reçue du Seigneur pour la verser sur les plaies du monde fragmenté et blessé par tant de souffrance, de violence, de haine, de rejet de l’autre différent de soi et de guerres multiples aux quatre coins du monde.»
Et Dieu sait comme notre humanité a besoin autant de gestes guérissants que d’une Parole qui console : «En regard des actualités internationales et mondiales, je vous invite, frères et sœurs, à prier chaque jour — et je souligne bien chaque jour — pour la paix dans le monde.» Il y a urgence… À commencer pour les peuples du Moyen-Orient et nos frères et sœurs chrétiens de toute la Terre sainte !
Quel pas de plus pour suivre le Christ ?
La paix commence là où nous avons les pieds : l’évêque a invité chaque personne à être «signe de paix et signe d’espérance», en étant une présence active et apaisante au nom de Jésus pour les hommes et les femmes qui nous entourent et particulièrement les plus pauvres, les plus fragiles, les plus isolées. «La paix du monde débute en chacune et chacun de nous, au plus profond de nous», a-t-il proclamé de la cathèdre.
Mais pour en témoigner, encore faut-il s’enraciner fermement à la bonne place : «Le psalmiste dit à Dieu : Tu es mon père, mon Dieu, mon roc et mon salut. Est-ce que chacune et chacune d’entre nous peut affirmer ce soir, sans hésiter, que le Seigneur notre Dieu est bien son père, son roc et son salut ?» a demandé l’évêque en proposant à chacun de voir «quel pas de plus, mon frère, ma sœur, veux-tu faire dans ce chemin à la suite du Christ ?»
Sanctifier le monde
Mgr Rodembourg a invité les chrétiens qui remplissaient la cathédrale à exhaler par leur vie le bon parfum du Christ. «Nous sommes appelés à sanctifier le monde par notre manière d’aimer, de nous engager et de servir avec les talents et les fragilités qui nous habitent, dit-il. Rappelons-nous sans cesse que la sainteté n’est pas réservée à une élite. Non, elle est notre vocation commune». Et elle commence maintenant, s’il faut en croire ce que rapporte Jésus proclamant sa mission à la synagogue de Nazareth : C’est aujourd’hui que s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. «Jésus brise la barrière du temps, dit l’évêque. La libération n’est pas un souvenir historique ou une promesse lointaine. La libération est une réalité présente.»
L’évêque a aussi profité de la messe chrismale pour rendre publique sa huitième Lettre pastorale intitulée : Que la parole retentisse dans nos vies. (voir l’article ci-contre).
Une année de grâce…
Au terme de la célébration, il n’y avait plus quelques centaines de fidèles et de célébrants, a relevé finement l’abbé Patrice Savadogo, recteur de la cathédrale. Non, il y avait désormais un
Corps, le Christ vivant porté par une multitude emportant dans chacune des paroisses, aux quatre coins du diocèse, les huiles du Salut, promesses une fois encore d’une année de grâce de la part du Seigneur.
Laurent Fontaine
Responsable des communications
Crédits photo : un grand merci à Monique Cyr


