Préserver les voix et les visages humains

Dans son message pour la 60e Journée mondiale des communications sociales, le pape Léon XIV met en garde contre une communication déshumanisée par l’IA.

 

À l’occasion de la soixantième Journée mondiale des communications sociales, le pape Léon XIV invite journalistes, communicateurs, éducateurs et utilisateurs des réseaux sociaux à développer une véritable «alphabétisation numérique», capable de former des citoyens libres, responsables et attentifs à la vérité. Face aux immenses possibilités de l’intelligence artificielle et dans un monde hyperconnecté, l’enjeu est de préserver des rencontres authentiques entre les personnes, avec leurs voix, leurs visages et leur humanité.  


Communications sociales = ?


Dans le langage de l’Église, le terme « communications sociales » désigne l’ensemble des moyens de communication qui influencent la société et la culture : la presse écrite, la radio, la télévision, le cinéma, les productions écrites, et tout le monde virtuel des médias sociaux. L’expression vient du concile Vatican II (décret Inter Mirifica, 1963) avec l’idée que tous nos médias ne servent pas seulement à transmettre des informations : ils façonnent aussi les mentalités, les relations humaines, la culture et même la vie spirituelle.


Depuis maintenant 60 ans, l’Église célèbre la Journée mondiale des communications sociales, instaurée par Paul VI. Cette année, elle tombe le dimanche 17 mai.


Personne humaine, relations authentiques


Le 24 janvier dernier, jour de la fête de saint François de Sales, patron des journalistes et communicateurs, le pape Léon XIV a publié « Préserver les voix et les visages humains », un texte dans lequel il partage ses préoccupations concernant les effets de l’intelligence artificielle sur les relations humaines.


L’évêque de Rome appelle à ne pas sacrifier la dignité humaine à la vitesse, à l’automatisation ou à la recherche de performance. « Nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques prédéfinis », écrit-il, rappelant que chaque personne possède une identité unique, incarnée dans une voix, un regard et une présence réelle.  


Son message s’inscrit dans la réflexion de l’Église sur les enjeux éthiques de l’intelligence artificielle et des risques liés à la désinformation, à la manipulation des images, à l’isolement numérique, et ultimement à la perte du sens critique.


« Le défi qui nous attend n’est pas d’arrêter l’innovation numérique, mais de la guider », souligne Léon XIV, pour qu’elle reste au service de l’être humain.


Laurent Fontaine,

Responsable des communications

Photo: Joanjo Pavon, licence Unplash

et © Vatican Media


Chers frères et sœurs!


Le visage et la voix sont des traits uniques et distinctifs de chaque personne; ils manifestent son identité singulière et sont l’élément constitutif de toute rencontre. Les anciens le savaient bien. Pour définir la personne humaine, les Grecs anciens utilisaient le mot “visage” (prósōpon) qui, étymologiquement, désigne ce qui se trouve devant le regard, le lieu de la présence et de la relation. Le terme latin persona (de per-sonare) inclut quant à lui le son : pas n’importe quel son, mais la voix inimitable d’une personne.


Le visage et la voix sont sacrés. lIs nous ont été donnés par Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, nous appelant à la vie par la Parole qu’Il nous a adressée ; une Parole qui a d’abord résonné à travers les siècles dans la voix des prophètes, puis s’est faite chair à la plénitude des temps. Cette Parole – cette communication que Dieu fait de lui-même – nous avons également pu l’entendre et la voir directement (cf. 1 Jn 1, 1-3), car elle s’est fait connaître dans la voix et le visage de Jésus, Fils de Dieu.


Pour lire le message dans son intégralité


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