La soif de Dieu est plus forte que le bruit du monde
« Choisir le baptême à l’âge adulte, c’est poser un acte de liberté qui démontre une soif et une faim de sens pour la vie. » — Mgr Christian Rodembourg
Du feu nouveau, jailli sur le perron de la cathédrale, au cri de Pâques — Christ est ressuscité ! —, c’est une joie profonde qui a traversé l’assemblée venue célébrer à Saint-Hyacinthe pour la Veillée pascale. Et comment ne pas se laisser saisir par cette joie à la vue des jeunes adultes présents pour accueillir le baptême, la confirmation et leur première eucharistie ?
« Quelle joie d’accueillir dans l’Église de nouveaux frères, de nouvelles sœurs en humanité qui, en cette nuit même par dizaines de milliers, aux quatre coins du monde, reçoivent le baptême », a dit Mgr Christian Rodembourg. Au total, dans le diocèse, c’est une grosse trentaine d’adultes qui ont reçu le baptême à travers le diocèse — ou le recevront au cours du temps pascal.
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Au cœur de nos histoires de vie
Ces adultes ne viennent pas simplement accomplir un rite plus que deux fois millénaire : « Choisir le baptême à l’âge adulte, c’est un acte d’une liberté qui démontre une soif et une faim de sens pour la vie », dit l’évêque, qui a tenu à souligner que ce choix n’efface pas leur passé, mais l’illumine : « L’eau baptismale ne coulera pas sur une page blanche, mais bien sur une histoire personnelle déjà chargée de ses combats, de ses questionnements, de ses doutes, de ses déserts, de ses choix, de ses défis et de plein d’autres choses. Par leur baptême, ces adultes affirment que la soif de Dieu est plus forte que le bruit tonitruant des réseaux sociaux sur Internet. Ils se laissent saisir par plus grand qu’eux-mêmes. Ils deviennent comme des balises d’éternité d’amour pour le monde. »
Contrairement à ce qu’on entend autour de nous, a fait remarquer Mgr Rodembourg, « l’Église n’est absolument pas en déclin. Elle est un cœur vivant depuis 2000 ans qui ne cesse de croître et de se renouveler de la jeunesse de Dieu. » Et ce cœur battait avec vigueur à l’occasion de Pâques, porté par l’acclamation joyeuse du choeur de la cathédrale, de la chorale Sion (espagnol), et d’une assemblée de centaines de personnes de tous âges et de toutes origines.
Vivre sans crainte dans un monde troublé
Mgr Rodembourg a aussi adressé un message à l’ensemble de la communauté pour faire face de manière chrétienne à notre monde d’aujourd’hui : « Ne ressemblerait-il pas à ce jardin au petit matin du premier jour de la semaine, avec un mélange de silence inquiet et d’attente fébrile face aux événements vécus ces derniers mois et même ces dernières années ? »
Comparant notre époque aux « pierres » qui scellent notre horizon et nous enferment dans nos tombeaux modernes — l’indifférence, l’angoisse du lendemain ou les guerres — Mgr Rodembourg a martelé que « la nuit n’a jamais le dernier mot ».
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La résurrection du Christ n’est pas un simple souvenir, mais une réalité actuelle qui transforme nos échecs : « Rien n’est jamais définitif, ni nos échecs, ni nos errances humaines, ni nos erreurs, ni nos péchés », dit-il.
« Aux femmes bouleversées, l’ange offre une promesse par ces mots qui sont comme un baume face à l’effroi humain : Soyez sans crainte. Le tombeau vide est plein de Dieu, plein d’un Dieu d’amour, plein d’un Dieu de tendresse. Christ est ressuscité comme il l’avait annoncé. »
Nos « Galilée » d’aujourd’hui
À ses disciples découvrant la résurrection, le Christ dit de le rejoindre en Galilée, où il les attend. C’est la même invitation qui nous est faite à le retrouver dans nos Galilée contemporaines, autrement dit les lieux concrets de notre vie quotidienne — familles, lieux de travail ou engagements bénévoles. C’est là qu’il nous faut prendre notre place avec audace, habités de la joie de Pâques, pour aider nos contemporains à ne pas s’égarer dans des « illusions sans lendemain ».
« C’est là que le Christ ressuscité nous donne rendez-vous, conclut l’évêque. Et avec lui, tout devient possible ».
Laurent Fontaine
Responsable des communications



