De l’autel à la rue
Réunis à Granby, les diacres ont célébré la Journée provinciale du diaconat permanent. Un ministère appelé à faire le pont entre l’Église et le monde.
À l’occasion de la Journée provinciale du diaconat permanent, plusieurs diacres et leurs épouses se sont retrouvés, samedi 3 octobre, à l’église Immaculée-Conception de Granby. Une présence remarquée par les paroissiens, heureux de pouvoir mettre des visages sur ces hommes et ces femmes engagés dans différentes communautés.
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Pour cette célébration présidée par Mgr Christian Rodembourg, l’évêque de Saint-Hyacinthe, a confié l’homélie au diacre Ghislain Bernier, responsable de la diaconie diocésaine, pour signifier que la proclamation de la Parole et l’homélie fait aussi partie de ce ministère ordonné.
S’appuyant notamment sur la lettre de saint Paul aux Philippiens (Ph 4, 6-9), le diacre Ghislain a placé son intervention sous le signe de la confiance : « Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien. » Une invitation, a-t-il souligné, à ne pas chercher à tout maîtriser, mais à savoir confier à Dieu ce qui nous dépasse.
Servir sans s’approprier
S’inspirant de l’Évangile du dimanche (Mt 21, 33-43) et des intendants prêts à tuer même le fils du maître de la vigne pour s’emparer des récoltes, Ghislain Bernier a rappelé que dans l’Église, la mission (et ses fruits !) n’appartient à personne : elle est reçue et confiée.
Chaque génération peut être tentée de gérer l’Église comme une propriété et de se l’approprier, d’une certaine manière. L’Évangile nous rappelle cependant qui est le maître de la moisson…
Dans son homélie, Ghislain a rappelé cette image si forte du Jeudi saint : Jésus à genou devant ses disciples pour leur laver les pieds. Inspiré par le Christ-Serviteur, le diacre n’est pas d’abord celui qui occupe une fonction ou accomplit certaines tâches liturgiques, a-t-il rappelé : par son ordination et par toute sa vie, il rappelle à l’Église la place centrale du service au cœur de toute vie chrétienne.
Cette mission se vit bien au-delà de la célébration. Elle rejoint le travail, la famille, la communauté et les réalités quotidiennes. Le ministère diaconal, a rappelé Ghislain Bernier, établit ainsi un véritable pont « entre l’autel et la rue ».
Une vocation vécue en couple
L’homéliste a également accordé une large place aux épouses des diacres. Leur présence et leur soutien ne sont pas accessoires au ministère de leur conjoint. Dès le cheminement vers l’ordination, leur consentement manifeste que l’appel au diaconat touche la vie du couple et, bien souvent, celle de toute la famille.
Le diaconat s’enracine dans une histoire conjugale et familiale déjà marquée par le sacrement du mariage. Par leur propre engagement chrétien, leur discrétion, leur fidélité et leur présence, les épouses offrent elles aussi un témoignage précieux à l’Église.
En cette journée provinciale, l’homélie invitait finalement les diacres à demeurer des hommes profondément humains, proches des réalités du monde et toujours prêts à servir. Une vocation qui ne consiste pas à se placer au-dessus des autres, mais à marcher au milieu d’eux, afin de porter « de bons fruits en abondance ».
Après la célébration, diacres, épouses et paroissiens ont prolongé la rencontre autour d’une collation servie à l’arrière de l’église. Un moment qui donnait, à sa manière, un visage concret à cette Église de proximité et de service célébrée en cette journée du diaconat permanent.
Laurent Fontaine, diacre permanent
Responsable des communications

