À la cathédrale, 300 jeunes unis dans une prière fervente
Venus de plusieurs régions du Québec, les jeunes ont convergé vers la cathédrale de Saint-Hyacinthe pour lancer mille jours de foi, de prière et de fraternité.
Québec, Gatineau, Montréal, Drummondville, Sherbrooke… Ils sont venus parfois de loin pour marquer l’arrivée à Saint-Hyacinthe d’un mouvement de prière né à Montréal et qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Près de 300 jeunes adultes se sont ainsi retrouvés à la cathédrale pour une soirée de foi, de prière et de fraternité, sous le regard bienveillant de Mgr Christian Rodembourg.
Comme l'encens, notre prière...
Pour annoncer le début de la célébration, les jeunes ont demandé que sonnent les cloches de la cathédrale. Un geste tout simple, ancré dans la tradition, pour inviter ceux qui le souhaitaient à se joindre à la prière.
Entouré de plusieurs prêtres et diacres, Mgr Rodembourg pouvait aussi compter sur de nombreux jeunes pour assurer les lectures et le service de l’autel. Une liturgie particulièrement soignée, qui prenait son temps, portée par la chorale de jeunes qu’animait Alexandre Bourget et sa famille. Chants ancrés dans la tradition de l’Église, silences, proclamation de la Parole : tout respirait un profond sens du sacré.
La source de la vraie valeur
Dans son homélie, Mgr Rodembourg s’est adressé directement aux jeunes adultes, évoquant les pressions qui marquent leur génération. Dans une société où la réussite personnelle et professionnelle devient trop souvent la mesure de notre valeur, il a mis en garde contre « l’anxiété de la performance », le besoin de reconnaissance et le risque de vivre sur le pilote automatique.
Études, carrière, vie de couple, discernement vocationnel : autant de choix qui peuvent nourrir l’inquiétude. Derrière cette course à l’accomplissement guette parfois l’acédie, cette « torpeur de l’âme » qui laisse peu à peu s’installer le vide spirituel.
L’évêque a invité les jeunes à tourner leur regard vers le Cœur immaculé de Marie, patron principal du diocèse, un cœur « entièrement habité par la Parole de Dieu ». À l’exemple d’Abraham, il les a encouragés à quitter leurs fausses sécurités pour faire confiance à Dieu.
« Notre bonheur ne dépend pas de notre performance et de nos capacités », a-t-il rappelé. Notre véritable valeur prend sa source dans l’amour que Dieu porte à chacun.
Cette confiance repose sur la fidélité de Dieu, ce « roc stable » sur lequel construire sa vie. Les croyants ne sont pas « des électrons libres égarés dans le cosmos », mais les héritiers d’une histoire de foi transmise depuis plus de deux mille ans, portée par une promesse d’amour qui demeure.
Faire de nos fragilités un trampoline
Pour illustrer son propos, l’évêque a évoqué le bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, quatrième évêque de Saint-Hyacinthe. Sa santé était si fragile qu’on avait presque renoncé à l’ordonner prêtre. Selon les critères de performance d’aujourd’hui, il « partait perdant ».
Pourtant, en misant sur Dieu plutôt que sur ses seules capacités, il a accompli de grandes choses, notamment auprès des pauvres et des plus vulnérables. Il avait su faire de sa fragilité « un point d’appui, une sorte de trampoline ». Sa devise épiscopale résumait cette confiance : « Je puis tout en celui qui me fortifie. »
À son exemple, Mgr Rodembourg a invité les jeunes à oser de grandes choses, avec leurs différences et leurs fragilités. « Nous ne sommes pas des copier-coller », leur a-t-il lancé, les encourageant à entrer pleinement dans le jeu de leur propre existence plutôt que de rester sur les lignes de côté.
Une question pour les accompagner sur ce chemin : « Toi, désires-tu le désir que Dieu désire pour toi ? »
« Le rendez-vous du don gratuit de Dieu »
Au terme de l’eucharistie, l’abbé Patrice Savadogo, recteur de la cathédrale, est revenu sur l’atmosphère particulière de la célébration.
« Le Seigneur nous a certainement visités », a-t-il lancé aux jeunes. « Avez-vous ressenti la présence du Seigneur ? Avez-vous pris acte de la visite du Seigneur ? »
« Nous avons été convoqués par l’Esprit saint », a-t-il souligné, rappelant que le salut ne se mérite pas, mais se reçoit dans la foi. « Ce n’est pas le rendez-vous des mérites, c’est le rendez-vous du don gratuit de Dieu », a-t-il résumé, avant de remercier les jeunes : « Merci pour la foi qui vous habite. »
1000 jours de prière à Saint-Hyacinthe
Puis Clément, l’un des initiateurs du Renouveau du Québec, a pris la parole pour annoncer une nouvelle accueillie sous les applaudissements : le mouvement allait désormais s’enraciner à Saint-Hyacinthe.
« À partir d’aujourd’hui, tous les vendredis », les jeunes sont invités à se retrouver à la cathédrale pour prier le chapelet en faveur du renouveau de la foi au Québec.
Un engagement inscrit dans la durée : Saint-Hyacinthe rejoint ainsi une douzaine de villes où ces jeunes adultes croyants se mobilisent pour renouveler la foi du Québec.
Des chapelets dans les mains
La messe était terminée, mais la soirée était loin de l’être !
Les jeunes se sont alors retrouvés au sous-sol de la cathédrale pour un long temps de prière, animé avec finesse par Clément et son équipe.
Partout, des chapelets dans les mains. Des jeunes de toutes origines, priant ensemble, en français, en anglais, en espagnol… Prêtres, diacres, religieux et personnes consacrées ont également été invités à conduire certains moments de cette prière commune.
Le chapelet s’est même prolongé sur le parvis de la cathédrale, malgré le froid de l’automne qui commençait à mordre. La prière débordait ainsi des murs de l’église, portée par ces jeunes venus parfois de loin pour partager leur foi.
Et parce que la fraternité se vit aussi autour d’une table, la soirée s’est poursuivie jusque tard dans la nuit autour de pizzas et de collations. Mgr Rodembourg, l’abbé Patrice Savadogo et plusieurs prêtres étaient toujours là, disponibles pour échanger avec les jeunes et prolonger ce chaleureux moment de rencontre.
Rendez-vous… vendredi prochain à 19 h !
Laurent Fontaine
Responsable des communications


