Le 30 septembre, une prière pour un chemin de réconciliation
À l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Mission chez nous propose la prière de Noëlla McKenzie, une aînée innue.
Chaque 30 septembre, depuis cinq ans, le Canada observe une Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, pour faire mémoire des enfants qui ne sont jamais revenus des pensionnats autochtones, honorer les survivants et reconnaître les blessures qui marquent encore leurs familles et leurs communautés.
Cette journée est une invitation à écouter les voix des Premiers Peuples et à poursuivre le chemin de la réconciliation.
Une prière de solidarité
À lire: Une prière de survivante
Cette année, l’organisme de l’Église catholique du Québec Mission chez nous propose une prière de solidarité qui peut être lue lors des célébrations eucharistiques et en particulier le mercredi 30 septembre, mais également à l’occasion de tout rassemblement soulignant cette journée ou simplement dans un moment de prière personnelle.
La très belle prière proposée par Mission chez nous a été composée par Noëlla McKenzie, une aînée innue de Mani-utenam, une communauté située sur la Côte-Nord du Québec à quelque 15 km de Sept-Îles, dans le diocèse de Baie-Comeau.
Cette prière de Noëlla McKenzie revêt une force particulière en raison du parcours de celle qui l’a écrite. Cette aînée connaît intimement l’histoire des pensionnats : elle a elle-même fréquenté celui de Mani-utenam de l’âge de six ans jusqu’à 16 ans.
Une émission à regarder
Mission chez nous lui a d’ailleurs consacré le cent-quarantième épisode de son émission radio Confluents, animée par Catherine Ego et Mathieu Lavigne.
Noëlla McKenzie y revient sur son enfance, ses années au pensionnat et le chemin parcouru depuis. Son témoignage permet de mettre un visage et une voix sur une histoire dont les conséquences demeurent bien présentes.
Son parcours en est un de résilience pour cette femme qui a progressivement retrouvé sa parole et choisi de transmettre son histoire. Enseignante pendant une trentaine d’années, Noëlla McKenzie s’est engagée dans la transmission de la langue et de la culture innues. Elle a également travaillé comme interprète auprès de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Son engagement auprès des jeunes générations contribue à faire connaître ce qu’ont vécu les enfants des pensionnats et à créer des ponts entre les générations.
La prière qu’elle offre pour le 30 septembre s’inscrit dans cette même volonté de mémoire, d’écoute et de rapprochement.
La prière de Noëlla McKenzie est disponible gratuitement sur le site de Mission chez nous, qui invite les communautés à la télécharger, la reproduire et la partager. Elle est proposée en français, en anglais et en innu-aimun.
Un territoire chargé d’histoire
Même si aucune des Premières Nations n’est aujourd’hui établie comme telle dans notre diocèse, la présence autochtone demeure inscrite jusque dans la toponymie qui désigne le territoire de notre région. Par exemple, Yamaska, un mot d’origine abénakise, a notamment donné naissance aux appellations « Maska » et « Maskoutains », bien présentes à Saint-Hyacinthe. La ville possède même un nom traditionnel abénakis, Wigw8madensisek.
Plus au Sud, l’ancien comté de Missisquoi (Bedford, Saint-Armand/Philipsburg, Notre-Dame-de-Stanbridge, Dunham, Cowansville, Farnham) portait un toponyme d’origine abénakise : le nom vient de Masipskwebi, qui signifie « eau du silex [pierre à fusil] ».
Une partie du territoire diocésain se trouve sur le Ndakina, le territoire ancestral de la Nation W8banaki (abénakise).
Autant de traces qui rappellent que l’histoire des Premiers Peuples fait aussi partie de l’histoire de notre région.
Laurent Fontaine
Responsable des communications
Photo : Mission chez nous




