Fête de la Saint-Joseph : un silence de confiance
Dans son homélie, l’évêque du diocèse a insisté sur « l’inattendu de Dieu », qui nous invite à nous déposséder de nous-mêmes pour faire toujours plus confiance.
La fête de saint Joseph (19 mars) a été célébrée avec une ferveur toute particulière pour Mgr Rodembourg, à travers deux rassemblements majeurs.
À l'Oratoire et à Granby
En matinée, l’évêque s'est d’abord rendu à l'Oratoire Saint-Joseph, comme il le fait depuis de nombreuses années. Il a été profondément touché par
la beauté liturgique de la célébration, soulignant notamment la prestation des Petits Chanteurs du Mont-Royal.
En soirée, il a rejoint son diocèse de Saint-Hyacinthe pour une célébration eucharistique à l'église Sainte-Famille de Granby, le terme d’une neuvaine riche en rencontres et en enseignements.
Mgr Rodembourg a exprimé sa joie de se joindre aux fidèles pour honorer Joseph, le maillon essentiel rattachant Jésus à la lignée de David.
Entrer dans l’école du silence
Dans son homélie, il a invité les fidèles à entrer dans « l'école du silence » de saint Joseph pour laisser place à la tendresse de Dieu. « Être disciple missionnaire du Christ, dit-il, c’est accepter que le Royaume de Dieu grandisse sans faire de bruit à travers chacune de nos journées, de nos engagements, de moments de patience que l'on vit dans nos vies, de notre présence discrète là où Dieu nous envoie. »
Sa réflexion portait sur « l'inattendu de Dieu », cette force qui bouscule nos certitudes et nous demande de lâcher nos sécurités humaines, à l'image du patriarche Abraham ou de Joseph lui-même.
« Le disciple le missionnaire du Christ n'est pas celui ou celle qui possède un «GPS» infaillible pour entrer dans le Royaume de Dieu : les disciples missionnaires du Christ acceptent de marcher dans le brouillard - ici au Québec, je dirais dans les tempêtes de neige, et oui, c'est une image qui nous parle, n'est-ce pas? »
Mgr Rodembourg a encouragé chacun à accepter d'être un « serviteur inutile » afin de laisser toute la place au Seigneur dans nos vies. « Notre mission commence souvent là où nos plans humains stagnent, sans plus vraiment d'avenir, là où nous nous reconnaissons fragiles et pêcheurs…»
Même si l’on se sent souvent dépossédé ( de nos projets, de nos engagements, de nos proches), « notre mission consiste à être ‘signe de l'amour’, à être signe de cette immense tendresse de Dieu pour toute la famille humaine sans exception, comme Joseph, en sachant nous effacer au bon moment afin que le Seigneur prenne toute la place, non seulement dans le cœur de nos frères et sœurs en humanité, mais dans notre cœur à nous tous aussi. »
L'inattendu de Dieu se cache parfois au détour d'une rencontre, d’une lecture, d'un échange…
L’évêque a conclu en rappelant que le disciple est celui qui, dans l'incertitude, continue de marcher dans le brouillard et les tempêtes (de neige!), avec confiance et Espérance, comme Abraham, Joseph et Marie… « Ouvrons grand les portes de nos cœurs au Seigneur qui désirent tant nous visiter et nous envoyer en disciple missionnaire au cœur du monde, bien au-delà de ce que l'on peut imaginer. »


