TOUSSAINT 2022 – 1ER NOVEMBRE
La sainteté étonne, la sainteté détonne

Chaque 1er novembre, l’Église honore celles et ceux qui, par leur exemple de vie, ont été parmi nous de vivants et lumineux témoins du Christ, le plus souvent loin des projecteurs et des caméras. C’est précisément là que la sainteté est à son meilleur! C’est là qu’elle ne cesse d’étonner et de détonner.

En cette fête de la Toussaint 2022, je veux d’abord rendre hommage à toutes les héroïnes et héros du quotidien qui, dans la plus grande discrétion, illuminent la vie de leurs semblables par des pensées, des paroles et des gestes inspirés de la personne et du message du Ressuscité, centre de nos vies et source de notre espérance. Par leur humanité, ces femmes et ces hommes rendent tangibles parmi nous l’actualité de la Bonne Nouvelle et la présence agissante de l’Esprit Saint.

Pour grandir dans la sainteté, Dieu nous a donné son Esprit, sa Parole, ses sacrements et… des sœurs et des frères!

La sainteté est le moteur de la vie de toute personne baptisée qui choisit de suivre le Christ. Elle n’est pas l’apanage d’une élite mystique. Pour s’en convaincre, rappelons-nous simplement que le premier saint de l’ère chrétienne a été canonisé par le Christ lui-même. Il s’agit de saint Dismas, criminel mieux connu sous le nom de Bon Larron. Avec clairvoyance, en se reconnaissant lui-même pécheur et en reconnaissant la Royauté de Jésus, le Bon Larron est à la fois figure de Confession, de Conversion et d’Intercession.

J’aime à rappeler combien Dieu a choyé notre Église diocésaine! Il en a fait un « terreau fertile de sainteté ». Je prends un divin plaisir à en rappeler l’étonnante liste. Toutes ces vies sont autant de « catéchèses vivantes » : saint Frère André; bienheureux Louis-Zéphirin Moreau; bienheureuse Marie-Rose Durocher, vénérables Élisabeth Bergeron, Catherine-Aurélie Caouette et Délia Tétreault; Flavien Laplante, serviteur de Dieu.

Nous pouvons ajouter à cette liste le bienheureux Michael J. McGivney, prêtre américain récemment béatifié le 31 octobre 2020 et qui a étudié au séminaire de Saint-Hyacinthe. Sainte Marie Rivier, canonisée le 15 mai dernier, n’a jamais mis les pieds dans notre diocèse mais c’est chez nous, à Marieville que cinq de ses Filles ont débarqué en 1853. Elles ont apporté dans leurs valises un peu de la sainteté de leur Fondatrice et l’ont fait germer sur notre territoire. En effet, Marie Rivier invitait ses Filles à être « un Évangile ouvert où chacun puisse lire Jésus Christ ».

Pour grandir dans la sainteté, Dieu nous a donné son Esprit, sa Parole, ses sacrements et… des sœurs et des frères! Nous ne nous sauverons pas seuls. Comme nous le rappelle notre priorité pastorale de l’année, c’est ensemble, en nous soutenant mutuellement, que nous grandissons dans l’amitié sincère avec les autres et avec Dieu. En marchant ensemble, dans un esprit synodal, nous recherchons la sainteté en Église. Aujourd’hui plus que jamais, la sainteté va à contre-courant de l’esprit du monde. Elle n’a pas fini d’étonner et de détonner. Tout entière, elle incarne le Royaume de Dieu et nous tend vers lui.

 Christian Rodembourg
Évêque de Saint-Hyacinthe

Article précédentUn fonds pour la réconciliation
Article suivantMesse des nations